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Mercredi 31 octobre 2007

Suite à la formation du 05 octobre 
sur la loi du 05 mars 2007 réformant la protection de l'enfance,
qui s'est déroulée à Illkirch-Graffenstaden (Illiade)

nous vous proposons de télécharger 
le compte rendu des interventions de la journée


compterendu-5-10-2007.pdf

pour information, le sommaire du document :

SOMMAIRE
 
PRÉSENTATION DE LA RÉFORME     
                                                                                         
 
INTERVENTION DE M. ROMEO
DIRECTEUR DE L'ENFANCE ET DE LA FAMILLE 
DE LA SEINE SAINT-DENIS 
                                                                    
LE DISPOSITIF DE PRÉVENTION ET LA PROTECTION ADMINISTRATIVE      
     
MME BIGOT
MAGISTRATE, 
PRÉSIDENTE DE THEMIS
                                                                                                                                                             
LES RÉPERCUSSIONS DE LA LOI RÉFORMANT LA PROTECTION DE L'ENFANCE DU 5 MARS 2007 SUR LA
PROTECTION JUDICIAIRE DE L'ENFANCE

                                                                                                                                                     
 
TABLE RONDE                                                                                                                                                                                                  
DOCTEUR CATHERINE ADRIAN
PMI DU CONSEIL GÉNÉRAL DU BAS-RHIN  
                                                                                              
MME CLAUDINE DEUTSCHMANN
ASSISTANTE SOCIALE POUR L'INSPECTION ACADÉMIQUE DE STRASBOURG
                                                                                       
MME FARIDA KADER
RESPONSABLE DU DISPOSITIF ENFANCE EN DANGER DU CONSEIL GÉNÉRAL DU BAS-RHIN                                     
M. CLAUDE HILD
DIRECTEUR DÉPARTEMENTAL PAR INTERIM DE LA PJJ      

MME PASCALE LADOIRE-SECK
SUBSTITUT DU PARQUET DES MINEURS DE STRASBOURG                                                                                         

M. JACQUES BIGOT
MAIRE D'ILLKIRCH-GRAFFENSTADEN
                                                                                                                                       
M. CHRISTOPHE ZENDER
FORMATEUR À L'ESTES EN CHARGE DE LA FORMATION DES TRAVAILLEURS SOCIAUX    

 
DISCUSSION DE LA SALLE                                                                                                                                  
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Jeudi 4 octobre 2007
 
Communiqué
le 3 octobre 2007
 
 
 
Le Juge des Enfants est, depuis sa création, au carrefour de la dialectique éducation / répression dans la mesure où il est à la fois le juge de la protection de l'enfance et celui de la délinquance juvénile. Il n'est pas inintéressant de se souvenir qu'il est historiquement le subsidiaire de la correction paternelle, qui disparaît en 1958 à son profit dans le Code civil. La meilleure définition qui me soit toujours venue à l'esprit pour le Juge des Enfants est celui d'une autorité bienveillante, à l'image du père de famille. Va-t-on aussi faire disparaître le père symbolique de substitution après s'être lamenté de la disparition des pères dans notre société ?
 
Cette belle harmonie des fonctions, cette complémentarité entre la protection et le rappel de l'interdit, avec les sanctions qui en découlent, est menacée. Le Ministre de la Justice sollicite l'expérimentation de la scission des fonctions du Juge des Enfants. Le but est double : faire échapper au judiciaire la protection, qui sera purement administrative (et gérée à ce titre par les départements, et rendre la justice pénale des mineurs plus répressive.
C'est oublier toute l'analyse sociologique de la délinquance des mineurs ; dans la quasi-totalité des cas, la famille du jeune délinquant a rencontré des difficultés socio-éducatives. C'est précisément de sa connaissance du contexte social, familial, personnel du mineur que le juge tirera toute son efficacité. Il pourra ainsi faire reconnaître l'essence-même de la loi qui protège la vie en société en sanctionnant si nécessaire, à condition bien sûr que l'on garde la conviction que tout mineur est susceptible d'éducation, y compris à la reconnaissance de la loi. Supprimer le Juge des Enfants dans sa double mission, c'est réduire à néant toute l'éducation à la citoyenneté menée ces dernières années, d'un accès à une loi par essence protectrice même si elle réprime.
 
Il faut également rappeler fortement que ce n'est pas la compétence du Juge des Enfants qui est en cause, mais les faiblesses du système (lenteur de prise en charge, inadéquation du dispositif...).
 
Enfin, ce projet est une négation du droit du mineur à une justice adaptée, droit inscrit dans la Convention Internationale des Droits de l'Enfant (article 40), qui insiste sur la nécessité de maintenir une spécificité de la justice des mineurs par rapport à celle des majeurs.
 
 
 
Josiane Bigot,
Présidente du Réseau Droit des Jeunes
Présidente de Themis
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Jeudi 27 septembre 2007

FORMATION

Vendredi 5 octobre 2007

ILLIADE

Allée François Mitterrand

ILLKIRCH GRAFFENSTADEN

de 9h00 à 17h00

Intervenants

 Josiane BIGOT, Magistrat, Présidente de Themis

 Claude ROMEO, Directeur de l’enfance et de la famille de la Seine Saint Denis

 

Après une large concertation menée auprès des départements qui sont directement responsables de la mise en oeuvre de la politique de protection de l'enfance et un rapport de l’assemblée nationale, une nouvelle loi sur la protection de l’enfance a été votée le 5 mars 2007, à l’initiative de Philippe BAS, Ministre de la Famille.

La nouvelle loi répond à une triple préoccupation : le développement de la prévention, le renforcement du dispositif d'alerte et d'évaluation des risques de danger pour l'enfant et, enfin, l'amélioration et la diversification des modes d'intervention auprès des enfants afin de mieux répondre à leurs besoins. La défense des intérêts de l'enfant, la prise en compte de ses besoins et le respect de ses droits constituent des principes fondamentaux de ce texte qui privilégie le maintien de l'enfant dans sa famille tant que sa santé, sa sécurité, sa moralité et les conditions de son éducation sont préservées mais qui autorise la séparation selon des modalités adaptées dans le cas contraire.

 

Lors de la formation les points suivants seront abordés :

 

Les missions de prévention

·          Les missions de la PMI et de la Médecine scolaire

·          Les missions de l’aide sociale à l’enfance

·          Le rôle du président du conseil général

Le recueil et le traitement des informations préoccupantes

·          Le nouveau dispositif de signalement des mineurs en danger et les modalités de signalement

·          La cellule de signalement

·          Les observatoires départementaux de l'enfance en danger

La protection judicaire de l’enfance en danger

·          La place du juge des enfants

·          Les atteintes à l’autorité parentale

·          L’audition de l’enfant

 

Programme de la journée :

Matin :

·          Le dispositif de prévention et la protection administrative Claude ROMEO

·          Les répercussions de la nouvelle loi sur la protection judiciaire de l’enfance Josiane BIGOT

Après-midi :

Table ronde : Pour un meilleur repérage des situations des mineurs en danger

Animée par : Madame Josiane BIGOT, et Claude ROMEO.

Avec : Madame Marie-Dominique ROMOND, Juge des enfants à Mulhouse, Madame Pascale LADOIRE-SECK, Substitut des Mineurs à Strasbourg, Madame Farida KADER Responsable du dispositif Enfance en Danger au Conseil Général du Bas-Rhin, Docteur Catherine ADRIAN, PMI du Conseil Général du Bas-Rhin, Monsieur Claude HILD, Directeur Départemental par intérim de la Protection Judiciaire de la Jeunesse, Madame Claudine DEUTSCHMANN Assistante Sociale pour l’Inspection Académique de Strasbourg, Monsieur Christophe ZENDER, Formateur à ESTES.

Pour Tous renseignements ou inscription
merci de prendre contact avec THEMIS
auprès de Thérèse Tissier
au 03 88 24 84 00


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Vendredi 16 février 2007

Conférence européenne

pour le respect des droits des mineurs étrangers en Europe - contre leur enfermement et leur éloignement

 

Mercredi 14 mars 2007

Conseil de l’Europe Strasbourg

 

extrait de l'invitation à la conférence ( lien vers l'invitation intégrale)

English version : click here

 

Madame, Monsieur,

Comme vous le savez peut-être, une proposition de directive communautaire relative aux normes et procédures communes applicables dans les États membres au retour des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier est actuellement en discussion au Parlement européen et au Conseil de l’Union européenne. La fin des travaux de la commission LIBE approchant, un vote sur ce texte est prévu dans les semaines à venir.

 

  

    Préoccupés par l’absence, dans cette proposition, de dispositions spécifiques relatives aux mineurs, l’ANAFÉ et la CIMADE ont lancé, le 5 octobre 2006, un Appel européen contre l’enfermement et l’éloignement des mineurs étrangers, signé aujourd’hui par 200 organisations, près de 70 élus et plus de 2600 particuliers. Les signataires de cet appel européen demandent que, si cette directive est adoptée, elle le soit dans le respect des engagements internationaux souscrits par l’ensemble des États membres de l’Union Européenne et qu’elle prohibe strictement l’enfermement et l’éloignement des mineurs.

 

  

     Afin de participer au débat public et de porter le message de l’appel européen auprès des instances européennes en cette période cruciale, l’association Thémis, le Réseau National pour l'Accès au(x) Droit(s) des Enfants et des Jeunes et la CIMADE vous convient à la Conférence européenne pour le respect des droits des mineurs étrangers en Europe, contre leur enfermement et leur éloignement qui aura lieu à Strasbourg, le 14 mars 2007 au siège du Conseil de l’Europe (Salle 1).

 

 

 télécharger le PROGRAMME DE LA JOURNEE

signez la pétition http://www.nominorsindetention.org/

 

 

 

 

 

 

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Mardi 21 novembre 2006

A PROPOS DU PROJET DE LOI

 RELATIF A LA PREVENTION

DE LA DELINQUANCE  

 

Josiane BIGOT

Conseiller à la Cour d'Appel de COLMAR

Présidente de l'Association THEMIS

Présidente du Réseau National Droit des Jeunes

 

30 août 2006 

 

Je m'attacherai exclusivement à l'examen des dispositions qui concernent les mineurs délinquants.

 

L'ensemble des dispositions tourne autour de deux orientations :

 -         faire du Maire le pivot de la politique de prévention de la délinquance

-       proposer une nouvelle réforme de l'ordonnance de 1945 dans le sens d'un rapprochement flagrant de la justice des mineurs du régime applicable aux majeurs.

L'analyse proposée pour justifier des réformes est délibérément tronquée.

Nulle explosion de la délinquance des mineurs, puisque si en 1999, 21,3 % des personnes mises en cause par les services de Police et de Gendarmerie étaient mineures, elles n'étaient plus que 18,8 % en 2003 et 18 % en 2004.

En parallèle, le taux de réponses pénales aux affaires impliquant les mineurs est  passé de  77,7 %  en 2000 à 85 % en 2005, alors qu'il se situe pour les majeurs à 77 %.

Il suffit d'ailleurs de rappeler le rapport Sénatorial de 2002 sur la délinquance des mineurs qui relevait que la justice des mineurs n'était pas laxiste ainsi qu'on voulait bien le laisser entendre.

De même sont régulièrement erronées les informations données au public relatives aux sorts qui seraient faits à certains mineurs par une justice inconsciente après interpellation par les services de Police et de Gendarmerie. Les vérifications opérées ont permis de constater souvent que les mineurs n'avaient en fait pas été identifiés ni interpellés, ni présentés, ou que, s'ils l'avaient été, les mesures avaient été prises par les services de justice, jusqu'à l'incarcération quelquefois.

(...)

Vous pouvez lire la suite des réactions sur le projet de loi en allant sur ce lien:

http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/15/95/26/reactions-au-projet-de-loi-sur-la-prevneton-de-la-delinquance.doc

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Mardi 21 novembre 2006
20 novembre 2006
Journée nationale des droits de l’enfant
 
Communiqué de presse
 
Faisons grandir les droits de l’enfant
 
 
Une journée pour promouvoir les droits de l’enfant
A l’occasion du 20 novembre 2006, journée nationale des droits de l’enfant, nous serons nombreux en France, enfants, jeunes et adultes, à nous pencher sur la situation des enfants en France et dans le monde. Ce n’est pas un exercice théorique et rhétorique. S’il y a bien un consensus c’est bien sur celui du bien-être dont les enfants devraient être redevables. Mais il faut l’avouer, mettre le projecteur sur les droits des enfants demeure encore une nécessité tant il y a à faire pour qu’ils soient connus par les enfants et partagés par les adultes.
 
Une semaine pour donner la parole aux enfants
A Strasbourg, en Alsace, l’UNICEF, la CIMADE et THEMIS se sont tout particulièrement mobilisés pour faire entendre la voix des enfants en concrétisant le programme du Conseil de l’Europe « Construire une Europe pour et avec les enfants ». Cet objectif ambitieux a besoin de lieux d’échanges avec les adultes à l’image de la rencontre avec le Maire de Strasbourg, Madame Fabienne KELLER. Cet exercice d’éducation civique permet de valoriser les enfants et de les reconnaître comme des sujets de droits.
Mais ayons aussi à l’esprit que les enfants et les jeunes les plus vulnérables; ceux qui sont victimes, handicapés, ballottés car leurs parents sont sans papiers, en prison, sont aussi ceux dont la parole est la plus fragile.
Il apparaît aussi clairement que ces enfants et ces jeunes vivent principalement dans les territoires les plus fragilisés de nos sociétés ; qu’ils subissent de plein fouet une acculturation intense, partagés entre le droit du pays d’origine et le droit du pays d’accueil ; très inquiets quant à leur avenir de citoyens de seconde zone et premières victimes des inégalités.
 
Une année pour respecter et faire grandir les droits de l’enfant
Les normes internationales existent ; elles sont mêmes ratifiées et signées par pratiquement tous les états. Les connaissances médicale et psychologique ont fait des avancées considérables. Et pourtant nous savons à quel point les droits des enfants sont encore bafoués. Un enfant a besoin d’éducation pour grandir en toute sécurité affective et matérielle ;il a besoin d’une famille et d’un état protecteur.
 
Faire grandir aujourd’hui les droits des enfants c’est d’abord lui assurer ses droits à l’éducation, la santé, la protection et à lui garantir ses droits civiques. Le combat pour les droits des enfants, s’il est le premier des combats, c’est parce que les enfants sont l’avenir du monde et que notre responsabilité est totale.
 
Josiane BIGOT
Magistrat, présidente de Themis
Présidente du Réseau National pour l’accès au(x) droit(s) des enfants et des jeunes
 
Contacts/ Richard Sancho Andreo, directeur de Themis
03.88.24.84.00/06.89.86.19.12
Liens :
 
 
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Jeudi 9 novembre 2006
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Jeudi 9 novembre 2006

 

du 18 au 26 novembre 2006

Programme

Dimanche 19 novembre

La Fête des enfants

avec Themis

Centre Socio Culturel du Fossé des

Treize à Strasbourg de 11h à 18h

Lundi 20 novembre

Coup de projecteur sur

les droits des enfants

Centre Culturel de Neudorf

à Strasbourg à 20h

Mardi 21 novembre

Conférence débat

"Les enfants déplacés

et déportés"

Centre Culturel de Neudorf

à Strasbourg à 20h

Avec le BICE, la Cimade,Themis, les jeunes

ambassadeurs de l'Unicef

Du 20 au 22 novembre

La ville des Enfants

Centre Culturel de Neudorf

à Strasbourg

Les enfants concevront les façades des maisons

composant la ville des enfants, en déclinant les

thèmes importants qui fondent la convention

internationale.

Jeudi 23 novembre

Les enfants rencontrent

Fabienne Keller,

Sénateur Maire de Strasbourg

Salle des Conseils au Centre

Administratif de 9h à 11h30

Jeu de questions/réponses concernant

leurs actions en faveur des droits de l'enfant.

Samedi 25 novembre

Concerts de soutien

aux droits de l'enfant

"Gospel Kids"

Eglise Saint Pierre le Jeune à 20h

Entrée libre (plateau à la sortie)

au profit de l'Unicef du Bas-Rhin

et de l'Association Themis

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Vendredi 24 mars 2006

« La ville des enfants » a été pensée comme un parcours de découvertes et d’apprentissages qui fait cheminer les enfants aux côtés des adultes, à la rencontre de leurs droits et de leurs responsabilités.

Les enfants ont pu rencontrer les institutions et les personnes ressources, chargés de ces apprentissages, prendre la parole et partager leurs visions.

Cette action a concerné 450 enfants, dont 135 enfants de CM1 et CM2 partenaires de la préparation du projet :

-         une classe de l’école J.Fischart, quartier de la Meineau

-         une classe de l’IRP « les mouettes du Rhin » du Port de Rhin

-         deux classes de l’école de la Niederau du quartier de la Robertsau

-         une classe de l’école Sainte-Anne du quartier Neudorf

Une information concernant la Convention Internationale des Droits de l’Enfant a été dispensée aux élèves par le biais d’interventions en classe avec l’exposition « tous les mois de l’autre ». Chaque classe a choisi un domaine particulier en vue d’une création d’une maison.

Chaque maison a été exposée le 17 et 18 novembre 2005 au Palais des fêtes de Strasbourg. Les thèmes proposés : 

-         la maison des rêves (culture, loisirs, temps libre…)

-         la maison de la justice (le respect des règles, la protection des victimes…)

-         la maison municipale (l’organisation de la Ville, l’Etat civil…)

-        la maison idéale de la santé (la prévention des maladies, les ressources santé…)

-         la maison de la solidarité (aider d’autres enfants, l’aide aux plus démunis…)

Au sein de chaque maison plusieurs partenaires ont pris place afin d’expliquer leur travail et leurs missions aux enfants visitant la ville des enfants.

Les enfants ont préparé un compte rendu à Madame Fabienne KELLER, Sénateur, Maire de Strasbourg et à Madame Frédérique LOUTREL, conseillère municipale, à Madame Josiane BIGOT, présidente de Themis et à Monsieur Michel FERRY, président de l’UNICEF Bas-Rhin.

Après une présentation de leurs travaux et après un goûter offert par la Ville, ils ont pu questionner les adultes sur leurs missions.

Enfin, Madame KELLER a officiellement inauguré et visité avec les enfants la ville des enfants. Chaque classe lui a présenté et commenté sa création.

Vous pouvez visionner une petite vidéo retraçant cet événement. Elle est au forma real player. Vous pouvez télécharger le player sur http://france.real.com/freeplayer_r1p.html. La qualité n’est pas très bonne mais vous pourrez entendre la présentation et les réponses faites par les professionnels.

La vidéo:

http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/15/95/26/blog.rm

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Mercredi 22 février 2006

« La représentation de l’enfant en justice »

Formation organisée par Themis

Hôtel du département du Haut-Rhin, Colmar

Jeudi 26 janvier 2006

 

 

Réflexions autour de soi, l’autre et la Loi

 

dans l’accompagnement psychologique

 

et judiciaire d’un enfant victime

 

 

par Bertrand LOTZ

psychologue à l'association THEMIS

 

Dans le cadre de cette journée de formation sur la représentation de l’enfant en justice, il me semble intéressant d’essayer de mettre en relation la procédure judiciaire et l’accompagnement psychologique. Pour cela, j’aborderai le concept de loi et les liens entre soi et l’autre. Quelques vignettes cliniques concernant des situations de violences sexuelles tenteront d’illustrer mes propos.  

 

Tout d’abord, la représentation de l’enfant en justice permet que celui-ci rencontre la loi et ceux qui l’appliquent. On peut considérer aussi que la justice et son institutionnalisation témoignent de l’appartenance de l’enfant à la communauté humaine, une communauté soumise à des interdits, à des lois. Ces interdits, dont les principaux sont l’interdit du meurtre et l’interdit de l’inceste, signifient que l’homme n’a pas tout pouvoir sur son semblable, que tout ne lui est pas possible et qu’un écart entre soi et l’autre doit être préservé pour garantir la liberté individuelle minimale.

 

Le fonctionnement de la justice permet donc la rencontre avec un représentant de la loi qui vient rétablir un écart entre l’agresseur et sa victime. Cet écart, cet espace permettant la circulation de la parole rappelle la fonction du tiers symbolique. Et ce tiers symbolique qui marque la différence entre soi et l’autre est aussi à considérer comme une loi psychique, une loi représentée par les figures du manque et de la perte.

 

En mettant l’accent sur la parole, l’accompagnement psychologique permet donc aussi une rencontre avec la loi. Cependant, au niveau psychologique, le tiers n’est pas représenté par une personne physique mais il se manifeste dans la structure même du langage, le langage contenant en lui-même quelque chose de l’ordre du manque et de la différence. Parler, c’est se différencier car c’est témoigner de sa subjectivité et de l’écart qu’il y a entre soi et autrui.

 

Toutefois, dans des situations de violences sexuelles et plus particulièrement d’inceste, la clinique nous montre que la distance entre soi et l’autre est fortement perturbée. Ce qui est de l’ordre de l’intimité peut se confondre avec ce qui est public,

l’individuel et le social peuvent se superposer et la sécurité psychique, empêchant de se sentir envahi par l’autre, peut disparaître. Le rapport à l’autre n’est alors plus référé à cet écart symbolique permettant de se différencier.

 

Le flou de la limite entre soi et l’autre chamboule d’autant plus l’identité que cette confusion s’opère à plusieurs niveaux dans le contexte des agressions sexuelles :

 

·        Premièrement, sur le plan familial, il n’y a plus de différence entre le parent et l’enfant. Les propos suivants d’une jeune fille violée par son père l’illustrent. Elle disait de son père : « Il m’a confondue avec sa femme. D’ailleurs, il m’a dit qu’avant d’être sa fille, je suis une femme».

 

Cela renvoie directement à la question des générations. L’inceste provoque la confusion des générations, annule la différence entre le géniteur et sa progéniture. L’adulte, en tant que modèle sécurisant, en tant que référent ouvrant aux rapports sociaux, perd cette place en imposant une relation sexuelle.

 

·        Au niveau corporel, la violence de l’abus sexuel vient nier l’autre dans le réel de son corps. Le corps n’est alors plus qu’un objet de plaisir et de jouissance sur lequel l’enfant n’a plus de maîtrise. L’abuseur prend possession du corps de l’enfant. Il n’y a plus de différence entre le corps considéré comme un objet manipulable et le corps considéré comme l’enveloppe physique d’un sujet singulier.

 

·        Dernier niveau, l’enfant victime voit son identité rejetée dans la mesure où sa parole n’est plus respectée dans ce qu’elle contient comme sens et comme valeur. La parole perd son rôle de mise à distance du réel car le réel de l’agression fait violence et empêche le travail de symbolisation propre à la parole.

 

Au cours d’un entretien, une jeune victime me disait qu’elle se sentait envahie par la culpabilité et la honte que les autres lui renvoyaient. Elle ne pouvait plus sortir seule dans la rue car le regard des autres lui était devenu insupportable. Elle croyait être « démasquée » comme si tout le monde savait qu’elle avait été victime d’inceste ; de quoi se sentir doublement victime : de viol et du regard des autres.

 

Par ailleurs, le vécu de cette jeune fille a été nié par sa famille. Les faits d’inceste passaient aux yeux de ses proches pour des futilités. D’après eux, il ne fallait quand même pas qu’elle oublie tout ce que son père avait fait de bien pour elle.

 

Ici, dans le rapport de l’individuel au social, le discernement de la victime se trouve annulé par les dénégations de sa famille. Cependant, ce que la famille ne veut pas ou ne peut pas reconnaître de l’histoire de son enfant revient avec force dans l’obsession de la victime de croire que, pour un inconnu, le crime d’inceste se voit sur elle. On peut se demander si cette irruption du traumatisme dans le champ du social n’est pas l’expression inconsciente de la demande, voire du besoin de sa reconnaissance.

 

Dans le domaine de la justice, on peut considérer que plusieurs personnes interviennent pour redonner à la victime une place dans la communauté humaine.

 

Dans une approche psychologique, l’action de la parole a pour effet de créer des espaces de représentations personnels pour situer l’autre par rapport à soi et inversement.

 

Dans la procédure judiciaire, la victime recherche la considération sociale de son histoire personnelle comme étant singulière et détachée de celle de son agresseur.

 

D’un point de vue psychologique, le jeu de la parole favorise l’élaboration d’une histoire pour se reconstruire en tant que sujet.

 

Un autre exemple concerne une jeune fille d’une dizaine d’années qui a été abusée par son frère. Cette jeune fille n’a pas pu se reconnaître victime devant la justice. Par ailleurs, l’emprise des dénégations de ses parents au sujet de l’agression était importante.

 

Dans cette situation, la position de l’administrateur ad hoc s’est opposé au discours de la famille et à celui de l’enfant qu’il a représenté.

 

D’un côté, l’institution sociale qu’est la justice a tenté de rétablir la parole, d’un autre côté, les enjeux familiaux ont entretenu l’indifférenciation en étouffant la parole singulière de l’enfant.

 

On peut se demander si la difficulté de cette jeune fille à s’engager dans une parole personnelle est liée à l’absence de séparation psychique suffisante entre elle et ses parents. Aussi, cette absence de séparation a pu être renforcée par la répétition de l’agression. Répétition au niveau individuel (nombre d’agressions qu’a subies l’enfant) à laquelle s’ajoute la répétition dans la génération antérieure qui concerne, dans ce cas, la mère de la victime, aussi abusée dans sa jeunesse.

 

Ce qui concerne les uns et les autres vient ainsi s’entremêler. Le travail de différenciation est alors d’autant plus délicat que les mécanismes de défense entretenant le secret sont importants.

 

Cependant, on peut aussi considérer que la réponse de la justice puisse ouvrir une brèche dans la confusion des places et des discours. En donnant un statut particulier à l’agression au regard des témoignages et d’éléments biographiques des différentes parties, la justice peut aider la victime à ne plus s’identifier autant à son agresseur.

 

Seulement, pour pouvoir se séparer de son statut de victime, celle-ci doit aussi faire l’expérience de la loi psychique en faisant acte de parole par et pour elle-même. La victime doit aussi redécouvrir cette idée d’écart qui est au fondement de la parole, redécouvrir que la parole peut donner du sens à ce qui est pourtant insensé ou impensable comme peut l’être le traumatisme d’une agression sexuelle.

 

A ce stade, on pourrait penser qu’une victime de violences sexuelles se doit de parcourir deux chemins parallèles. L’un concerne la procédure judiciaire et ce qu’elle implique comme reconnaissance sociale, l’autre chemin correspond à l’exploration langagière et ce qu’elle implique comme inscription du préjudice dans une histoire personnelle.

 

Ces deux chemins peuvent se soutenir l’un l’autre. L’intervention de la justice peut permettre à une victime de faire évoluer sa parole au sein d’un travail psychologique. D’un autre côté, l’accompagnement psychologique peut aider une victime à se positionner autrement face à la justice et au regard des autres en faisant l’expérience des différences de sens contenues dans sa parole.

 

Mais cette élaboration de sens ne peut avoir lieu sans une certaine violence.

 

Toutefois, dans le cadre judiciaire comme dans celui d’un travail psychologique, cette violence n’est plus vécue dans le réel du corps comme lors de l’agression, ni ruminée intérieurement et inlassablement comme dans les temps qui suivent. Cette fois, la violence est parlée, extériorisée et mise à distance dans une adresse à l’autre. Et comme cet autre est référé à la loi, cette mise à distance par la parole contribue à pacifier la violence et la haine.

 

Et pacifier la violence et la haine est indispensable à une victime pour ne pas être complètement aliéné à l’autre ou dépendant de lui.

 

Pour aider une victime à se séparer de son agression, le juge se réfère à la loi écrite (dans le code civile, le code pénal, entre autres).

 

Le psychologue, lui, est référé à la loi psychique, celle du langage où la figure du juge n’est pas représentée en particulier. Le seul juge est la personne elle-même, seul juge pour décider de prendre en compte le sens de sa parole, seul juge pour accepter ou non l’exercice de la différence et du tiers symbolique.

 

Je terminerai par les paroles d’une victime de viol dont l’auteur était son beau-père. Elle disait : « Je veux aller jusqu’au bout de la procédure pour qu’on reconnaisse ce que j’ai vécu. Et j’espère qu’après le procès, je pourrai me dire qu’avant, j’étais seule avec mon viol et que maintenant, c’est moi d’un côté et mon viol de l’autre. »

 

Par Bertrand LOTZ - Publié dans : DOCUMENTATION
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